10 janvier 2014

Jūjutsu

Jujitsu

Le ju-jitsu, ou jūjutsu ou encore jiu-jitsu (柔術, jūjutsu, littéralement : « Art de la souplesse » ), regroupe des techniques de combat qui furent développées durant l’ère féodale du Japon par les samouraïs pour se défendre lorsqu’ils étaient désarmés. Ces techniques sont parfois classées en trois catégories principales : atemi waza (technique de frappe),nage waza (technique de projection) et katame waza (technique de contrôle) afin de maîtriser un adversaire.

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jūjutsu AJCM

 Ju-jitsu

Dans le terme « Jū-jutsu », « Jū » (柔) signifie « souplesse » et « jutsu » (術) signifie art. Il existe diverses transcriptions phonétiques approximatives ce qui explique les différentes orthographes1. L’orthographe ju-jitsu est la plus utilisée dans la littérature francophone, bien que cela ne corresponde pas à la consonance.

Le terme générique « ju-jitsu » cache une réalité historique bien plus complexe : en effet, il n’a jamais existé une discipline unique et strictement définie correspondant à ce terme, réalité qui correspond au caractère vague de cette désignation « art de la souplesse ». Il s’agissait de la discipline de combat sans armes, partie intégrante du programme enseigné par chacune des nombreuses écoles japonaises (les ryu), qui ont peu à peu périclité à la fin de l’ère féodale. Ce que l’on appelle couramment ju-jitsu, désigne aujourd’hui soit un enseignement bien spécifique à une école particulière (il s’agit d’une pratique minoritaire, et dans ce cas, il est précédé du nom de l’école en question), soit un enseignement regroupant des techniques héritées de ces écoles et transmises au début de l’ère moderne voire après la Seconde Guerre mondiale à un plus large public, grâce au travail de recensement et de conservation des techniques commencé dès la fin du xixe siècle.

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Au début du xxe siècle, des personnes se sont inquiétées de la disparition de ce savoir, due à la modernisation de l’armée, et ont collecté les techniques de différentes écoles (ryū ha) de ju-jitsu pour en faire une pratique moderne, adaptée aux besoins de la nouvelle société ; ainsi, naquirent le judo, dont les composantes viennent en majorité de l’école Kito (Kito-ryu), l’aïkido, émanation plus tardive de l’école Daito (Daito-ryu), ou plus récemment le jiu-jitsu brésilien, né de l’évolution d’une variante de judo (Kosen), elle-même instruite par l’école Fusen (Fusen-ryu). Véritable nébuleuse à l’origine de constructions plus ou moins récentes, le ju-jitsu est à juste titre souvent qualifié d’« art mère »2.

Bien que le ju-jitsu ne soit pas à l’origine du karaté, qui est une technique okinawaienne, d’origine chinoise, on en retrouve plusieurs similarités avec certaines anciennes formes de combats pratiquées sur les archipels des Ryūkyū. Bien avant l’avènement du Tode à Okinawa et dans l’archipel des Ryūkyū, les insulaires pratiquaient déjà une forme de « yawara » d’où découlent le ju-jitsu et le taijutsu. Le taijutsu et le ju-jitsu de cette époque étaient encore indissociables de cette forme de « yawara ». Ce taijutsu était une méthode de combat jalousement gardée secrète par la famille royale des îles Ryūkyū, les « Motobu ». C’était une méthode ancienne et incluse dans un style de Ryūkyū Kenpō qui était connue sous le terme « Udun Ti ». Elle porte aujourd’hui le nom de Motobu Ryū.

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La légende du docteur Akiyama

Il y a très longtemps, vivait au Japon un certain docteur Akiyama. Lors d’un voyage en Chine, il fit la connaissance, en Mandchourie, d’une secte religieuse qui pratiquait une sorte d’ autodéfense basée sur la connaissance du corps humain. Le docteur ne put prendre part aux entraînements mais fut autorisé à regarder les exercices. La discipline, qui s’appelait hakuda, permettait de se défaire d’un adversaire armé et visiblement plus fort. De retour au Japon, il essaya d’enseigner ces techniques à sa famille. Mais comme il n’avait pas pratiqué, il ne comprit pas le principe de base du hakuda. Ce principe, il le trouva d’une manière très naturelle. Il constata que durant l’hiver, les grosses branches du chêne se cassent sous le poids de la neige, alors que les fines branches du saule se plient et rejettent la neige. Voilà ce qu’était l’esprit du hakuda : employer la violence et le poids de l’adversaire pour le terrasser. Il nomma cette nouvelle méthode de combat le jūjutsu, l’art doux.

On retrouve le ploiement des branches sous la neige dans la légende de la création du judo, mais l’observation qui en est faite est attribuée à un moine.

 

Les origines du ju-jutsu

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Technique de Jūjutsu : Kata Guruma.

Le concept principal du ju-jutsu est le , littéralement la « souplesse », c’est-à-dire éviter l’attaque frontale pour contrôler un adversaire plus fort, sans opposition de force. Par cette technique, ju yoku go o sei suru : le doux vainc le dur. Ce principe a donné naissance à un ensemble de techniques sophistiquées d’évitement, de canalisation de la force adverse, et de contrôle de l’adversaire par des déplacements, des frappes et des immobilisations obtenues grâce au contrôle des points vitaux et des articulations.

Les méthodes de combat connues comme le ju-jutsu sont vieilles de 1 500 ans au moins. Les débuts du ju-jutsu peuvent être situés dans la période turbulente au Japon qui s’étalait entre le viiieet le xvie siècle. Cette période connue au Japon d’incessantes guerres civiles et les systèmes d’armement classiques furent développés et éprouvés sur les champs de bataille. Les techniques decombat rapproché faisaient partie intégrante de ces systèmes afin de combattre efficacement des adversaires portant armes et armure6.

La naissance du ju-jutsu coïncide probablement avec l’origine de la classe des samouraïs datée à l’an 792. L’armée était constituée à cette époque de soldats se déplaçant à pied et armés dejavelots. Les officiers étaient recrutés parmi les jeunes fils des grandes familles et étaient formés au maniement de l’arc, au commandement des troupes et également au combat sans armes. L’empereur Kammu construisit le Butokuden, une école formelle pour ces officiers que l’on connaît sous le nom de samouraïs7.

À la fin du xiiie siècle, les Mongols tentèrent d’envahir le Japon et les samouraïs se défendirent durant des années dans de terribles combats. Au xve siècle, les maîtres d’armes établirent deskoryū bujutsu (écoles traditionnelles anciennes) afin d’enseigner leur style du kenjutsu, l’art de l’épée. Entre 1467 et 1477, la guerre d’Ōnin fit rage, cette période vit le déclin du pouvoir desshoguns et le début du Sengoku Jidai, l’« âge du pays en guerre », qui dura cent cinquante ans.

Le premier jutsu ryū reconnu fut formé par Takenouchi Hisamori en 1532 et consistait aussi bien en des techniques usant du katana (sabre), du bō (bâton) et du tantō (couteau-sabre) que ducombat à mains nues. Les sauts et les coups de pied n’étaient peu ou pas enseignés dans le ju-jitsu puisque les techniques étaient souvent destinées à des combattants portant une armure et que ces techniques sont risquées et difficiles à employer sur le champ de batailles (vêtements mal adaptés, risque de glisser et tomber, de se faire saisir la jambe…). Le terme jūjutsucommença à être utilisé vers 16006. Cependant, nombre d’écoles traditionnelles continuent d’employer d’autres termes tels que yawarakoppōdakentaijutsuyoroi Kumiuchi, etc. pour désigner leur art. En fait, le ju-jitsu n’est pas une discipline monolithique car de grandes différences peuvent apparaitre entre des écoles portant toutes la même appellation de  » jūjutsu « .

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